J'aime à sentir sur ma dent Cet instrument que je chéris, Objet ami et confident Que j'ai, toujours, lorsque j'écris.
Dans ses volutes sont les pensées Sortant de l'imagination; Comme le goût de ses fumées Mes vers sont pleins de confusion.
Son fourneau réchauffe mes mains Dont la chaleur participe A l'abandon de mes quatrains Pour, seulement, tenir ma pipe. Extrait de "Du fond du coeur - volume 1" _____________________________ CHANT IX
_____________________________ L'ARC-EN-CIEL
Bleu, Rouge, Vert, Jaune, Violet. Cinq couleurs Cent reflets, Savez-vous ce que c'est ? C'est le pont merveilleux Qui enjambe la terre, C'est de ce pont que Dieu Contemple la misère, Et ce pont, dans le ciel, On le nomme : Arc-en-ciel. Extrait de "Du fond du coeur - volume 1" ____________________________ VACANCES
PUNITION
Je sais au fond de toi Une pensée secrète. Il se pourrait, ma foi, Que mon âme reflète Une image semblable A celle de ton cœur Et... il serait probable Qu'elle parle de bonheur. Je voudrais, tant et tant, Pourvoir être en ce jour Envers toi moins distant, Te dire: "mon amour !..." Là !... Non !... Ne dis plus rien !... Pardon, je t'ai choquée !... Je ne suis qu'un vaurien, Te voilà tourmentée !... Non, je ne voulais pas Faire de peine à ton âme Et m'attends, de ce pas, A recevoir un blâme. Tu ne dis rien ? Ah bon !... Je dois fermer les yeux !... J'obéis à ce ton Qui se veut furieux. Que fais-tu cher trésor ? Tu me donnes un baiser !... Punis-moi vite encor Ou je vais te fâcher. Extrait de "Du fond du coeur - volume 1" _____________________________ REPROCHE
VIENS
Viens dans mes bras ce soir, Viens dans mes bras; Que je te serre, ce soir, Tout contre moi. Au diable ton ménage !... C'est pour demain, Laisse ton lessivage, Donne ta main. Viens là !... Plus près de moi, Près de mon cœur !... Et pense qu'il ne serait sans toi Pas de bonheur. Pose ta tête, doucement, Sur mon épaule. Là !... Tu es bien maintenant ? Que tout est drôle !... Rappelle-toi de cet instant Qui nous a unis Puis du voyage aussi charmant Qui s'ensuivit. Nous avons eu un grand bonheur Bien des années Et nous aurons encore des heures Pleines de gaieté. Que me dis-tu ? Le dîner brûle sur le feu !... Qu'importe, L'amour est mieux !... Echappe-toi, ma mie, Echappe-toi, Mais reviens vite, chérie, Entre mes bras.
Extrait de "Du fond du coeur - volume 1" _____________________________ LE PAPILLON
LES TROIS COULEURS
Il est de trois couleurs Dont l'une est azurée, C'est le chant des vainqueurs Dans la plaine glacée.
La seconde couleur Chante la liberté Et devant sa blancheur On ressent la fierté.
La dernière couleur Elle est ensanglantée, C'est le droit à l'honneur De nos héros, tombés.
L'ensemble du drapeau Qui flotte avec vaillance Est le chant le plus beau, C'est celui de la France.
Extrait de "Du fond du coeur - volume 2" _____________________________ LES NENUPHARS
QUELLE HORREUR !...
Le mouton est mort...
Il va redevenir poussières...
Le balai l'a tué...
En le frappant trop fort. _____________________________ CAUCHEMAR
LE DERNIER VERRE
C'était un prisonnier, Un condamné à mort, Il était condamné A un bien triste sort Pour avoir trucidé Son ivrogne de femme Lui ayant refusé En le traitant d'infâme Un verre, le dernier, Tout en lui prétextant Qu'il n'avait qu'à siffler Un verre de dissolvant.
C'était un prisonnier, Un condamné à mort, On vint lui apporter Un peu de réconfort Car l'heure était venue D'accomplir la sentence, L'avocat tout ému Avoua que par chance Il était assuré Après l'absolution, Qu'il lui serait donnée Une compensation.
C'était un prisonnier, Un condamné à mort, Et l'on vint le chercher Le matin de sa mort. Or, avant de mourir, On exauça son vœu Celui de lui servir Un verre de vin mousseux. Mais gonflé par les bulles Soudain il s'envola, Le bourreau ridicule Resté seul en pleura.
Extrait de "Détente" et publié également dans le livre "Les derniers jours d'un condamné" de Victor Hugo, aux Editions Nathan _____________________________ LE P'TIT CLODO
LA CARAVANE
L'AUTOMNE
_____________________________ INVITATION
Dès ce soir, je t'invite. Tu viendras avec moi Et, d'un accord tacite, Nous irons, toi et moi, Dans le petit salon De rose tapissé, Ce lieu de la maison Qui demeure enchanté. Là, je t'emporterai Aux accords d'une valse Puis, je t'enivrerai Jusqu'à ce que, fugace, Ton esprit m'appartienne Et que ton corps se livre, Sans que rien ne retienne Notre envie de revivre Les instants merveilleux Connus au premier jour Où nous étions heureux Toi et moi, mon amour. extrait de "Du fond du coeur - T1" _____________________________ DEPART
LA FABLE
Une poule élevée Chez un homme de lettres Se mit à étudier, Pouvant se le permettre, Les œuvres des auteurs Classiques et récents, Y puisant des bonheurs Qui semblaient évidents. Elle passait ses jours Dans la bibliothèque A lire tour à tour Et Platon, et Sénèque, Et Voltaire, et Verlaine Sans oublier Rousseau Monsieur de La Fontaine Et puis ce cher Boileau. Elle étudia ainsi De l'automne au printemps Sans le moindre souci A lire tout le temps Et lorsque vint l'été, La saison des vacances, Elle fut invitée Pour cette circonstance A partager le sort D'un maître généreux Qui quitta le Tréport Pour chercher d'autres cieux; C'est ainsi qu'elle partit Avec tous ses bagages Visiter l'Australie Au cours d'un long voyage. C'est sur ce continent Qu'elle découvrit un jour Un œuf surprenant Dont elle dut faire le tour Elle resta pensive Avant de s'écrier De manière incisive : " Eurêka, j'ai trouvé!... J'ai démêlé l'embrouille A propos de cet œuf Il est à la grenouille Qui devint comme un bœuf. " L'autruche, dans son coin Qui restait camouflée Se dit : " Ça s'est malin J'ai failli m'étouffer ". La morale de l'histoire C'est qu'avoir étudier Ne veut pas dire savoir Que l'on sache penser
Extrait de "Voyage à travers la poésie - volume 1" _____________________________ TOI ET TES PLANTES
LE CHEVEU BLANC
C'est un temps bien maussade Que celui d'aujourd'hui. Comme pour la parade, Les nuages de pluie Défilent silencieux En survolant la terre, Et les vents, furieux, Aveuglés de colère Soufflent en mugissant Leur étrange complainte. Est-ce un pressentiment Dont je ressens l'étreinte Ou n'est-ce qu'un malaise Qui sera passager ? Mais non, ne m'en déplaise, Cette réalité Elle est bien évidente. Je la vois à présent, Comme une flamme ardente Ce petit cheveu blanc Que renvoie le miroir M'apparaît tout-à-coup; Ce n'est pas illusoire Aussi, je m'y résous Non sans que l'amertume Ne me touche le cœur. Vite, je m'accoutume A ce nouveau malheur Qui n'est rien qu'une image Des ans que j'ai vécus, Vers un nouveau passage Dans un monde inconnu.
Extrait de "Du fond du coeur - volume 1" _____________________________ LA BALLERINE
MEPRISE
En arrivant dans ce pays J'ai senti une étrange odeur, Ce n'était pas du pissenlits Pas plus qu'un doux parfum de fleur, Ça rappelait la chair grillée Se trouvant sur un barbecue, Mon appétit s'est réveillé Et la faim me vint tout-à-coup. J'aurais mangé une entrecôte Ou des merguez, ou des saucisses, Ma faim se changea en tremblote En découvrant dans les coulisses Des corps mutilés par la guerre Au sein de décombres fumantes, Des visages embrassant la terre, Des lambeaux de chairs sanglantes, Devant cette affreuse vision Je réalisais simplement Qu'ainsi, en pleine confusion, J'entrais dans le Moyen-Orient. Extrait de "Vagabondage" _____________________________ L'OMBRE
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PROUT !...
Prout!... prout!... prout!... Faut-il s'appeler "chien Quand on est un berger ?
Prout!... prout!... prout!... Des maquereaux ont bien Des grues à surveiller.
Prout!... prout!... prout!... Notre culture atteint Au sublime degré
Prout!... prout!... prout!... Qu'un simple étron devient Comme un objet sacré
Prout!... prout!... prout!... Les snobs, c'est certain, Viennent pour l'admirer.
Prout!... prout!... prout!... Hélas!... le sort, mesquin, De l'art n'a pas pitié
Prout!... prout!... prout!... En nettoyant le coin Car c'était son métier
Prout!... prout!... prout!... Un malheureux larbin N'a pas su discerner
Prout!... prout!... prout!... Que l'étron sacro-saint Qu'il venait de jeter
Prout!... prout!... prout!... Etait pour quelques-uns Une œuvre sublimée.
Extrait de "heureusement que le ridicule ne tue pas" _____________________________ INDECENCE