_________________________________________________ LES LARMES DU CŒUR
Les larmes de mon cœur épanchent la misère Qui règne au plus profond de mon âme meurtrie, Car je n'ai pu garder ma douce prisonnière En raison du destin qui vint briser ma vie.
Les brumes automnales font revivre un passé Refusant de mourir et qui défie le temps, Quels que soient mes efforts revient cette entité Que j'ai tenté de fuir, en vain, depuis longtemps.
Les larmes de mon cœur s'écoulent, douloureuses, Sur un amour qui a disparu dans la nuit, J'en ai connu depuis des heures ténébreuses Que je sois au travail ou couché dans un lit.
Je n'ai, depuis ce jour, plus jamais dit : "je t'aime" Malgré tout cet amour que je puisse donner A ceux que je chéris. C'est plus fort que moi-même, Je ne puis sans souffrir devoir le prononcer.
Les larmes de mon cœur roulent comme une vague Qui s'en viendrait mourir sur du sable très fin, J'éprouve l'impression que parfois je divague Quand je vois ton visage apparaître soudain.
Je voudrais t'attraper, te serrer contre moi Mais tu n'es qu'un fantôme, une simple illusion Qui brise mon humeur et qui jette l'effroi Dans mon âme meurtrie devant ton intrusion.
Les larmes de mon cœur vont-elles se tarir Avant de rencontrer la Dame au couperet ? Je crains qu'elle soit seule à pouvoir me guérir M'entraînant avec elle en son endroit secret.
Extrait de "Brumes d'automne" _________________________________________________ ILLUSIONS
L'homme est un animal qui marche sur deux pattes, Son cerveau est plus gros que celui d'un mouton, De son intelligence, on le sait, il se flatte Mais je ne vois en lui rien d'autre qu'un bouffon.
Il couvre les royaumes en sa suprématie Puis étend ses méfaits sur chaque continent, Son orgueil est si grand qu'il le personnifie A ce point qu'il devient un être pestilent.
Hélas!...nous sommes frères et j'en ai souvent honte Car je porte un fardeau bien trop pesant pour moi, Mon instinct, certains jours, à mes dires s'affronte J'aime tout, sauf l'homme, et ne peux dire pourquoi.
Extrait de l'ouvrage "Un feu dans la nuit" _________________________________________________ LE VIEIL HOMME
Ô sublime moment qui mettra dans mon être Un peu de ce bonheur, depuis tant, désiré; A des cieux inféconds j'avais dû me soumettre Mais, en ce jour, je crois être dédommagé.
Car grâce à vous, Madame, un esprit se réveille Après qu'un long sommeil le retint prisonnier, Douce fleur éclatante au printemps qui sommeille De par votre beauté, mon coeur s'est éveillé.
Non, je ne croyais plus trouver en ce bas monde Un être qui ne soit ni méchant, ni pervers, Mais la réalité, pour ce songe, me gronde
Puisque votre présence est preuve du contraire. Souriez donc, Madame, le bonheur se prépare Et à ce doux esprit ne placez point de fard.
Extrait de "Du fond du cœur - Tome 1" _________________________________________________ SUBTERFUGE
Je reste là, souvent, perdu dans ma pensée Au milieu de la nuit silencieuse et triste, Seul un rai me parvient de la lune argentée Entre les volets clos d'une chambre sinistre.
Je suis là et j'attends que le sommeil arrive Pour me prendre en ses bras comme on prend un enfant, Mais s'ancre ma pensée qui demeure lascive Agissant sur mon souffle, à présent haletant.
Oui, je demeure là, sans oser faire un geste Car je crains que se rompt le charme de la nuit, Je ne veux rien qui puisse apparaître funeste Sous peine de me voir brusquement déconfit.
Quand viendra le moment de rejoindre Morphée, De me livrer sans peur, sans crainte entre ses bras, Je me comporterai pareil à l'épousée Qui est prête à s'offrir sans le moindre embarras.
Extrait de "Vagabondage" _________________________________________________ LE RETOUR
Il approche ce temps où je devrai partir Au pays bienheureux d'où l'on ne revient pas. Les larmes cependant ne devront pas rougir Tes yeux clairs, tes beaux yeux si rieurs autrefois.
La vie a son destin. Quel que soit notre effort Rien ne pourra changer cette route tracée. Je veux que tu sois belle et que tu ries encor, Que tu cèdes à l'amant qui osera t'aimer.
Et pendant ce temps-là, les vers grouilleront Sur mes chairs putrides exhalant une odeur Ecœurante et infecte que, seuls, ces compagnons Oseront supporter en me baisant le cœur.
Ils suceront mes os, trotteront dans mon crâne Épargnant par respect mes quelques cheveux blancs, Car ces bêtes rampantes auront peur de mon âme Impossible à souiller. Mais, je suis bien vivant
Tu profères, déjà, contre moi un reproche Quand je t'ai juste dit le fond de ma pensée!... Tais-toi donc un instant!... Ecoute cette cloche!... Mais oui, c'est l'angélus, la nuit va commencer.
Donne-moi le panier, reprends ton chevalet, Nous allons regagner la maison doucement; J'attendrai sagement que le souper soit prêt, Assis auprès de l'âtre, tout en te regardant.
Extrait de "Du fond du coeur - volume 2" _________________________________________________ EVASION _ _________________________________________________ REACTION
Les brumes de l'automne accumulent les plaintes D'un peuple qui se meurt par manque de ressources, Je l'avais pressenti, j'en éprouvais des craintes Car tous nos dirigeants boivent aux mêmes sources.
Notre monde à présent s'en va à la dérive Car l'on a bâillonné l'Honneur et la Sagesse Pour mieux les exiler sur la lointaine rive Où s'y trouvent déjà l'Amour, la Politesse.
Les esprits embués de vapeurs sataniques Ayant soif du pouvoir comme de la richesse, Tentent de se créer des palais chimériques En semant autour d'eux pauvreté et détresse.
Le monde doucement se meurt dans un brouillard Qui étouffe les peuples au profit des élus, Nous devons réagir avant qu‘il soit trop tard Pour rendre à la raison ces maudits farfelus.
Extrait de "Brumes d'automne" _________________________________________________ C'EST VRAI
_________________________________________________ HIER COMME DEMAIN
Hier comme demain, tout restera pareil Car l'homme est incapable à devenir plus sage, J'ai beau user ma voix pour le mettre en éveil Il s'avère incapable à capter le message.
Hier comme demain le sol verra pourrir Des corps déchiquetés par d'incessantes guerres, Puisque l'homme est ainsi qu'au lieu de réfléchir Il veut de son voisin s'approprier les terres.
Hier comme demain dominera la haine Tandis qu'il nous faudrait dispenser de l'amour, Aimer n'est pourtant pas une chose malsaine Mais tout amour se perd dans le son du tambour.
Hier comme demain, rien ne sera meilleur Et, à mon humble avis, tout devrait empirer, L'esprit de l'être humain est si dévastateur Qu'il paraît impossible à pouvoir l'enrayer.
Extrait "De jadis à demain" _________________________________________________ LE SERMENT D'AMOUR